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428 Shibuya Scramble

par | 22 Fév 2019

428 Shibuya Scramble par Chunsoft (2008)

Disponible sur : Wii, PlayStation 3, PSP, iOS, Android, PlayStation 4 et PC
Temps de lecture : 15 min 5 s

ATTENTION — SPOILERS. L’auteur de ce texte s’engage à divulguer le moins d’information possible concernant l’intrigue de 428 Shibuya Scramble, mais il peut tout de même contenir quelques spoilers gâchant le plaisir de la découverte. Si vous souhaitez jouer à 428 Shibuya Scramble dans les meilleures conditions possibles, nous vous conseillons de reporter votre lecture de cet article et plus particulièrement le segment consacré à l’anime Canaan en bas de l’article.

Dans la célèbre série des Sound Novels de Chunsoft, 428 Shibuya Scramble se distingue par sa note parfaite dans le magazine japonais Famitsū, devenant le neuvième jeu à y obtenir le score de 40/40. Son aura mythique lui a valu une localisation en anglais au détour de portages PC et PlayStation 4, presque dix ans après sa sortie initiale sur la Wii de Nintendo ! Le voir sortir en Occident était loin d’être évident car le contenu à traduire dans ce genre de jeu est pour le moins titanesque ; seul Banshee’s Last Cry alias Kamaitachi no Yoru y avait eu droit. Et encore, uniquement sur iOS.

428 Shibuya Scramble est un successeur à Machi sorti sur Saturn en 1998, puis sur PlayStation et PSP. Également produit par Koichi Nakamura, il n’en est pas la suite parce qu’il n’a aucun lien scénaristique avec ce dernier, si ce ne sont quelques références à ses événements. Mais ils se déroulent dans le même univers fictif, tout comme Time Travelers de Level-5 dont l’action se déroule en 2031.

Ce qui rapproche Machi et 428 Shibuya Scramble au premier coup d’œil est d’être tous les deux illustrés par de nombreuses photos. Cela fait de 428 un visual novel très différent des autres titres du genre, puisqu’il n’est pas typé anime. Le joueur a plutôt l’impression de suivre une série live-action avec des acteurs en chair et en os pour donner vie aux personnages. Il est également entrecoupé de quelques séquences vidéo mais elles sont très rares par rapport au nombre affolant de clichés qui servent la mise en scène.

428 Shibuya Scramble raconte l’histoire de cinq personnages dont les destins ne cessent de s’entrecroiser et de s’influencer les uns et les autres. En japonais, 428 peut être lu « shi-bu-ya » et fait référence au célèbre arrondissement de Tōkyō où se déroule l’intégralité de l’histoire, comme l’explique le sous-titre « Fūsa Sareta Shibuya de » soit « bloqué à Shibuya ».

Maria Osawa a été enlevée quelques heures avant le début du jeu et ses ravisseurs réclament une rançon de 50 millions de yens devant la fameuse statue de Hachiko. Ils exigent que ce soit sa sœur jumelle, Hitomi Osawa, qui remette l’attaché-case contenant l’argent liquide. Malgré les nombreux policiers qui encadrent l’échange, les kidnappeurs tentent également d’enlever Hitomi qui prend la fuite, pour une course-poursuite haletante de dix heures et impliquant la sécurité de Shibuya tout entier.

Achi Endo

Achi Endo

Achi est le fondateur du gang S.O.S qui a vocation à protéger Shibuya dont il est profondément amoureux. Il a depuis quitté le groupe mais il continue de défendre ses terres en ramassant tous les déchets qu’il croise. Il n’est pas le genre de personne à ignorer quelqu’un dans le besoin et, par le plus grand des hasards, il se retrouve mêlé à l’histoire de Hitomi Osawa qu’il tente de faire s’enfuir.

Shinya Kano

Shinya Kano

Shinya fait partie des détectives déployés sur les lieux de la demande de rançon. Ce détective encore débutant s’inspire énormément de son mentor Tateno dont il a consigné les conseils dans son calepin. Courageux, Shinya agit avant tout en faveur de la sécurité civile. En même temps que son enquête sur l’enlèvement de Maria Osawa, il gère les colères de son futur beau-père qui refuse de lui céder la main de sa fille Rumi.

Tama

Tama

Une jeune femme amnésique qui décroche un emploi de mascotte pour vendre une boisson de régime miraculeuse : le Burning Hammer. À cause de la fermeture éclair défectueuse de son costume, celle-ci reste coincée quelques heures dans la peau d’un énorme chat. Elle espère gagner suffisamment d’argent auprès de son employeur douteux pour mettre la main sur un collier qu’elle semble reconnaître dans la vitrine d’une recyclerie.

Minoru Minorikawa

Minoru Minorikawa

Ce journaliste, à l’estime de lui-même infinie, porte secours à un ami qui doit urgemment boucler un magazine en crise. Il fait sortir de leurs gonds la plupart des personnes avec qui il s’entretient mais il faut lui reconnaître beaucoup de talent pour flairer les scoops, ce qui le mène tout naturellement vers l’histoire principale de 428 Shibuya Scramble. Son verbe et ses manières sont très souvent fâcheuses !

Kenji Osawa

Kenji Osawa

Kenji est le père de Maria et Hitomi, les jumelles au cœur de l’intrigue de 428 Shibuya Scramble. Il fait partie des dirigeants de l’entreprise Okoshi Pharmaceuticals où il étudie le virus Ua. Pendant l’intrigue, il est obligé de demeurer à son domicile pour aider un groupe de détectives à la recherche de Maria. Pourtant austère et seulement intéressé par ses recherches, il est un grand fan de l’artiste J-pop Aya Kamiki.

Ces différents personnages ont des histoires qui ne cessent de se croiser et les actions des uns se répercutent chez les autres. Le joueur peut en effet choisir à l’aide d’un organigramme le scénario dans lequel il veut progresser, mais il ne faut jamais oublier qu’un choix peut encombrer la progression d’un autre. Les choix sont extrêmement nombreux et il est parfois difficile de jongler entre les différentes propositions. On n’imagine pas toujours les répercussions que provoque le battement d’aile d’un papillon.

Pour schématiser le déroulement de 428 Shibuya Scramble, on peut l’imaginer ainsi : cinq lignes de chemin de fer parallèles transportent chacune un personnage. Mais les rails sont parsemés de déviations et les personnages s’entrechoquent : l’histoire ne peut alors plus progresser. Pour éviter cela, le joueur doit aiguiller chacun d’entre eux de sorte qu’il progresse sans accroc jusqu’à la fin de l’aventure.

D’un côté, 428 est plutôt pauvre question gameplay par rapport à d’autres visual novels qui tentent d’augmenter les interactions, comme Phoenix Wright et ses enquêtes et procès, Zero Escape et ses séquences escape room ou le Professeur Layton et ses innombrables énigmes. De l’autre, les titres à pousser aussi loin la gestion de l’organigramme de l’histoire sont rares. Avec 428, puis Virtue’s Last Reward et Zero Time Dilemma par la suite, Chunsoft intègre l’organigramme de l’histoire – le « flowchart » – comme l’élément central du gameplay. Cette partie généralement cachée des visual novels est ici exposée au joueur qui doit s’en saisir pour que 428 puisse se dérouler correctement.

Cela dit, un personnage ne peut guère progresser bien loin sans que les autres histoires n’avancent elles aussi. 428 est construit comme une saison de 24 heures chrono et les événements se déroulent d’heure en heure. Au départ, le joueur ne joue que de 10 h à 11 h, avant d’avoir accès au segment de 11 h à 12 h et ainsi de suite jusqu’à 20 h. Pour passer à l’heure suivante, chaque personnage doit avoir atteint la limite dans le segment en cours. Puis le joueur peut entamer le nouveau segment et guider ses personnages vers l’heure suivante et ainsi de suite.

Au sein même des segments, il n’est pas rare que la progression d’un personnage soit barrée par des bandes jaunes de police portant la mention « Keep out ». Pour les déverrouiller, il faut « sauter » d’un scénario à un autre lorsque le nom d’un personnage est évoqué, ce qui permet de garder toutes les histoires à peu près au même niveau. Parfois, il faut fouiller un peu et être sur les bons rails pour trouver l’option de saut adéquate, ce qui est plus facile à dire qu’à faire ! Dans le segment final, notamment, le joueur tâtonne énormément jusqu’à déverrouiller deux nouveaux pans complets et inattendus qui accélèrent l’histoire d’un seul coup.

428 Shibuya Scramble (1)

Un autre point sur lequel se distingue 428 Shibuya Scramble est son nombre de fins tout bonnement hallucinant : il en existe 95 au total ! 85 d’entre elles sont de mauvaises fins que l’on découvre si l’aiguillage n’est pas le bon. Certaines d’entre elles sont extrêmement brutales, comme un personnage qui reçoit un coup de feu et qui meurt. Mais d’autres sont à se tenir les côtes. Il y en a quelques-unes qui dépassent l’imagination comme une fin où des personnages sont aspirés dans la dimension parallèle des chats.

Toujours est-il qu’à chaque mauvaise fin, les développeurs proposent un indice pour l’éviter en expliquant pourquoi celle-ci a eu lieu. Par exemple, il peut être expliqué que votre personnage a raté son objectif à cause de sa rencontre avec untel à 15 h 15. Le joueur peut alors faire en sorte d’éviter cette rencontre en remontant le temps sur l’organigramme et en modifiant un choix avec le bon personnage.

Les dix fins restantes sont considérées comme de « bonnes » fins. En réalité, il n’y a qu’une seule et unique véritable conclusion, et quelques fins bonus pour les perfectionnistes. Pour suivre la meilleure d’entre elles, le joueur doit au préalable avoir débloqué 50 mauvaises fins. Quant à ceux qui souhaitent obtenir les fins bonus, il n’y a pas d’autre solution que de déverrouiller toutes les mauvaises fins.

Cela confère à 428 Shibuya Scramble un contenu d’une richesse exemplaire et rare pour un visual novel.

Deux scénarios complémentaires permettent de densifier l’histoire en s’intéressant particulièrement à deux personnages dont il est souvent question dans 428 mais que l’on ne croise pas. Le deuxième scénario bonus est particulièrement intéressant puisqu’il n’est pas mis en scène par des photos mais par des illustrations de type anime, incluant aussi des doublages, contrairement au reste du jeu. Il permet notamment d’introduire l’anime Canaan dont les 13 épisodes ont été diffusés au Japon en 2009, avant d’être adapté en manga puis en light novel.

En plus de l’histoire principale, le joueur peut découvrir 22 épisodes spéciaux qui permettent d’approfondir certains personnages, notamment des personnages secondaires dont on ne sait finalement pas grand-chose. La moitié d’entre eux se déverrouille au cours d’un quiz plutôt relevé ; l’autre moitié requiert d’entrer un code à des moments-clés, ce qui est quasiment irréalisable sans une solution complète.

Un autre scénario écologique et plus léger, difficile à débloquer sans suivre un guide encore une fois, permet de déverrouiller un mini-jeu bonus : un « remake » du tout premier titre de Koichi Nakamura, Door Door. En l’occurrence, il ne propose qu’une poignée de niveaux mais il s’agit toujours de faire disparaître des ennemis derrière des portes ouvertes qu’il convient de refermer avant qu’ils ne s’échappent.

Le travail d’écriture est titanesque mais il faut également saluer le travail d’illustration hors du commun. Pour réaliser 428 Shibuya Scramble, plus de 120.000 photos ont été prises ! Les shootings se sont étalés sur 60 jours et ont mobilisé des dizaines de comédiens. En débloquant une fin cachée, le joueur peut visualiser une courte vidéo dévoilant l’envers du décor.

Opter pour des photos plutôt que des illustrations est un choix radical pour un visual novel où l’on a plutôt l’habitude de voir des personnages anime. Cela demande un travail minutieux, pour que les coiffures, les vêtements ou tout simplement la météo ne diffèrent pas d’une photo à l’autre ; il n’y a pas de faux raccord et le montage a été réalisé avec brio. Il faut bien se rendre compte que chaque scène, chaque souvenir, chaque discussion, chaque émotion contient ses propres clichés. Il n’y a pas de recyclage, ni de photo de remplissage et les réalisateurs ne trichent jamais pour se faciliter la tâche. Du début à la fin, le travail réalisé est époustouflant.

428 Shibuya Scramble (2)

La sélection de photos est d’ailleurs excellente puisque chaque cliché montre quelque chose d’intéressant. Il y a des plans urbains saisissants, des gros plans, des plans larges, des photos en pleine lumière, d’autres dans la pénombre. Il y a aussi quelques clichés qui saisissent un instant cocasse du shooting et qui se retrouvent dans le jeu, comme la scène poilante où Minoru Minorikawa dévore ses spaghettis.

À ce propos, les choix graphiques de 428 sont très urbains et ne laissent pas de place au fan service que l’on trouve régulièrement dans ce genre de production. Les personnages féminins, notamment, ont des proportions réelles et toutes les parties du corps sont habillées. Une star de la vie réelle fait néanmoins son apparition dans le jeu : il s’agit de la chanteuse J-pop Aya Kamiki. En plus d’entendre sa chanson Sekai wa Sore Demo Kawari wa Shinai à plusieurs reprises (plusieurs téléphones portables l’ont en sonnerie et elle sert de générique), elle apparaît réellement au cours de l’aventure, même si son rôle n’a absolument aucune incidence sur le déroulement de 428. Ou presque…

Un point qui peut décevoir au premier abord est la rareté des vidéos, alors que les bandes-annonces pourraient laisser croire qu’elles sont plus nombreuses. Il n’y en a que très peu et elles n’existent que pour des événements-clés de 428 Shibuya Scramble ; elles ne durent d’ailleurs que quelques secondes chacune. Mais des vidéos auraient obligé un travail supplémentaire sur le jeu d’acteur qui, s’il n’avait pas été à la hauteur, aurait pu ruiner la mise en scène très réussi du jeu.

Voilà sans doute la raison pour laquelle il n’y a pas de doublage dans 428 Shibuya Scramble, en plus de la folle quantité de dialogues à enregistrer. De ce fait, les musiques composées par Naoki Satō et Hideki Sakamoto prennent une place très importante, puisque ce sont elles et elles seuls qui permettent au rythme de s’emballer ou de ralentir. Il y a des morceaux vraiment réussis pour poser une ambiance glaçante ou loufoque.

Malgré tout, la grande réussite de 428 Shibuya Scramble ne se résume certainement pas à la qualité de sa réalisation. Son incroyable histoire, écrite par Yukinori Kitajima (que l’on connaît également pour Nine Hours · Nine Persons · Nine Doors ou différents épisodes de Phoenix Wright: Ace Attorney) n’est clairement pas étrangère au succès du jeu. En plus d’être parfaitement bien construite, elle réserve quelques bonnes surprises. Ce qui démarre comme un enlèvement presque traditionnel se transforme en complot d’une tout autre échelle.

La narration est d’ailleurs particulièrement intéressante parce que chaque personnage s’inscrit dans un genre littéraire différent. L’histoire de Kenji Osawa relève de l’horreur psychologique, celle de Shinya Kano s’apparente à un thriller tandis que Tama, le seul scénario qui soit raconté à la première personne, évoque le slapstick au cinéma.

Le ton de 428 évolue pendant les dizaines d’heure de jeu et les premières heures sont à mourir de rire. Avec son côté kitsch et ses gags bien placés, il fait mouche à chaque fois. Puis le ton se durcit en même temps que les événements s’aggravent et, sans que l’on s’en rend compte, on se retrouve complètement happé par la gravité de la situation. La tension devient palpable et les éclats de rire se transforment en larmes chaudes, parce que plusieurs passages sont à ce point émouvants. 428 Shibuya Scramble bénéficie du célèbre savoir-faire japonais qui mélange aussi habilement l’humour et la tragédie.

Le contexte du jeu est en plus régulièrement enrichi par des explications de nombreux termes. Le joueur peut survoler et lire des définitions qui décrivent certains aspects de 428 Shibuya Scramble ou de la vie réelle. Leur occurrence est à ce titre parfaitement maîtrisée et les développeurs se jouent parfois du joueur. En plus de briser le quatrième mur, elles consolident également la gestion du rythme.

428 Shibuya Scramble (3)

Les personnages, enfin, sont incroyablement attachants. C’est-à-dire qu’après autant d’heures passées en leur compagnie, le joueur crée des liens très étroits avec chacun d’entre eux, notamment parce qu’ils évoluent au cours de l’intrigue. Kenji Osawa, par exemple, est un personnage qui n’est pas gâté par le scénario mais, au lieu de sombrer dans le désespoir, il décide de reprendre en main sa vie de famille, notamment. De nombreux personnages secondaires sont tous plus fascinants les uns que les autres, notamment Yoshio Kajiwara, le détective qui possède littéralement plus d’une banane dans sa poche, ou le fameux Jun’ichi Yanagishita, qui vogue d’un échec commercial à un autre.

À ce propos, la fin de 428 Shibuya Scramble laisse place à un sentiment de vide puisque l’envie de connaître « l’après » est vigoureuse pour le joueur. C’est peut-être l’un des rares griefs que l’on pourrait opposer à 428 : étant un one shot, il ne donne pas vie à ses personnages passionnants dans une autre aventure. Cela étant, s’il n’existe pas de suite en jeu vidéo à 428 Shibuya Scramble, un anime se déroulant deux ans plus tard a bel et bien été produit. Il se concentre sur Canaan, un personnage-clé de 428, et on y retrouve plusieurs têtes bien connues.

2009 — CanaanAnime

L’anime Canaan est une série en 13 épisodes de Type-Moon qui fait suite aux événements de 428: Shibuya Scramble. L’histoire se déroule deux ans après les évènements du jeu et se concentre sur Canaan, l’un des personnages-clés largement introduit dans l’un des épisodes bonus de 428.

Devenue photographe professionnelle, Maria Osawa accompagne Minoru Minorikawa à Shanghai pour assurer la couverture de la conférence NBCR contre le terrorisme. Sur place, les deux reporters sont impliqués dans d’étranges décès qui rappellent ceux provoqués par le virus Ua.

Canaan

Canaan

Protagoniste de l’anime, Canaan est envoyée à Shanghai pour contrecarrer les plans d’Alphard Al Sheya dont elle cherche d’ailleurs à se venger. Canaan est une « synesthète », ce qui l’aide grandement en combat puisqu’elle est capable d’apprécier son espace mieux que quiconque. Elle est très proche de Maria Osawa qu’elle a rencontrée au Moyen-Orient avant les événements de 428 Shibuya Scramble.

Alphard Al Sheya

Alphard Al Sheya

Déjà à l’origine de l’attaque bioterroriste de Shibuya deux ans plus tôt, Alphard est également à l’origine de l’attaque qui touche Shanghai. Elle est la principale antagoniste de la série et la rivale de Canaan. Alphard est à la tête de l’organisation terroriste Hebi (serpent) mais son désir le plus profond est de vaincre son ennemie jurée.

Maria Osawa

Maria Osawa

Deux ans après avoir été infectée par le virus Ua et au cœur de l’intrigue de 428, Maria Osawa est devenue reporter photo. Très attachée à son amie Canaan qu’elle retrouve à Shanghai, elle est un personnage enjoué et souriant, tranchant radicalement avec le caractère plus froid de Canaan.

Minoru Minorikawa

Minoru Minorikawa

Également connu sous le diminutif de Mino-san. Le célèbre journaliste de 428 Shibuya Scramble est accompagné de Maria Osawa dont il est le superviseur pour un article à Shanghai. Dans Canaan, il est montré comme un personnage impulsif et en quête de vérité, loin de son caractère excessif de 428 Shibuya Scramble. Il décide de mener l’enquête sur les étranges décès de Shanghai.

Yunyun

Yunyun

Yunyun est une jeune femme pleine d’énergie qui fait partie des Borners — les survivants du virus Ua. Elle n’a malheureusement pas de pouvoir particulier, comme Canaan qui est devenue synesthète. Elle est en plus dépendante aux médicaments qui lui permettent de vivre après l’infection. Elle ajoute une touche comique à la série.

Liang Qi

Liang Qi

Cruelle et obsédée par Alphard, Liang Qi fait partie de l’organisation Hebi. Elle est notamment jalouse de Canaan qui occupe pleinement les pensées d’Alphard et son caractère est absolument imprévisible. Elle se défoule notamment sur Cummings, l’un de ses soldats, qui prend beaucoup de plaisir à être maltraité de la sorte.

Le principal intérêt de Canaan pour les fans de 428 Shibuya Scramble est de prolonger l’histoire l’espace de quelques heures, avec un scénario qui s’y rattache mais qui est suffisamment nouveau pour renouveler la formule et éviter la redite. On retrouve quelques personnages du jeu d’origine et la série ne cesse d’y faire des clins d’œil, notamment le chauffeur de taxi qui ressemble à s’y méprendre à celui de 428. Il y a également une scène où Maria et Yunyun découvrent des costumes qui rappellent fortement celui de Tama.

Le fan service n’est pas uniquement assuré par les quelques liens avec 428. Il n’est pas rare que des plans affichent des poitrines opulentes ou des jeunes femmes dénudées. Rien de nouveau dans le monde de l’anime mais cela ne sert guère la trame qui reste, avant tout, une sombre histoire de vengeance et de rivalité entre deux mercenaires.

L’un des principaux reproches que l’on puisse formuler à Canaan est que l’on ne reconnaît pas nécessairement les personnages tels qu’ils étaient présentés dans 428. Maria est beaucoup plus naïve, Mino-san est étrangement moins abrasif. Quant à Alphard, il est difficile de se faire un avis puisque c’est un personnage qui est maître dans l’art de l’imposture.

En plus de l’anime, Canaan a été adapté en manga ainsi qu’en light novel. En dépit de sa fin entrouverte, il n’y a pas eu de seconde saison.

Pour aller plus loin : Machi par Chunsoft (1998) disponible sur Saturn, PlayStation et PSP

Sound Novel culte de Chunsoft, Machi met le joueur aux commandes de huit personnages distincts pour autant d’histoires différentes. Il se déroule à Shibuya et propose de très nombreuses mauvaises fins : 122 au total ! Des choix que fait le joueur dépend la difficulté du jeu. Sa particularité est d’être illustré par de très nombreuses photos d’acteurs en chair et en os. Il est considéré comme le père spirituel de 428 Shibuya Scramble.